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Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve

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MessageSujet: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Ven 26 Juin - 15:24


Il y a la vie pour savoir
Et l'éternité pour comprendre



Envol des Corbeaux était assise, là, immobile, devant le soleil qui se levait. Cependant, un brouillard bloquait son passage; ainsi la jeune guerrière ne percevait qu'une vague lumière. Son souffle chaud se muait en de la buée et cette fumée difforme montait en petits cercles irréguliers. Il y avait des jours, comme ça, faits pour rendre d'humeur mélancolique. Car aujourd'hui, Corbeaux l'était. Elle fixait l'horizon floué quand vint lui chatouiller l'envie de se dégourdir les pattes; ainsi se leva-t-elle, et son corps se port seule jusqu'à l'orée de la forêt de pins. Pourtant, son esprit divaguait; il vagabondait dans le passé, à l'instant même où Effluve Printanière avait laissé sa vie. Pourquoi l'avait-elle quitté ? Pourquoi avait-il fallut que le sort s'acharne sur elle ?
Soudain, elle secoua la tête : elle avait flairé une souris. Elle salivait d'avance, mais elle savait qu'elle n'avait pas le droit de la manger si elle la capturer. La féline se ramassa sous elle-même et s'approcha à pas feutrés. Elle y était presque. Encore un pas. Non, deux. Et un  saut; elle sentit le corps chaud de sa proie et son cœur cognant de plus en plus fort sous l'effet de la peur. Envol des Corbeaux l'acheva finement. La salive montait alors qu'elle tenait le petit mammifère. Elle ne résista pas longtemps à la faim qui lui tenailla le ventre. En toute conscience et sans honte, la guerrière ombreuse dévora la bête.  

Elle finit cependant par avoir un peu de remords; son clan s'affaiblissait du fait de ces étranges hurlements et de ces disparitions, et bien que la famine ne s'était pas installée, elle menaçait au loin, comme un orage qui se retenait d'éclater. La jeune chatte se promit, pour se faire pardonner, de ramener d'autres proies à son clan. Elle se mit sur la défense soudainement; elle affaissa ses épaules, retroussa les babines et replia ses pattes avant, prête à se jeter sur l'intrus. Cependant, elle se calma quand elle perçut que l'odeur de ce dernier représentait un guerrier de son clan; et que ce dernière n'était rien d'autres que sa cheffe; Etoile de la Louve. Envol des Corbeaux miaula :

<< Salutations, chère meneuse. >>

Elle se releva, se retourna et se retrouva face à cette dernière. Son regard soutenait le siens. Bien qu'elle appréciait la meneuse, le fait qu'elle était ambitieuse de sa place la rendait mal à l'aise et elle souhaitait tout faire pour que personne ne s'en rende compte. Ainsi elle adopta une posture relâchée, cependant assurée. Ses prunelles enflammées défiant tout ce qui l'entourait.

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Dernière édition par Envol des Corbeaux le Sam 27 Juin - 18:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Ven 26 Juin - 21:58

Hors RP:
 

Assise devant l'entrée de mon antre, immobile, droite, j'observai les doux et fins rayons du jour venant enfin transpercer la couverture nuageuse et grisâtre qu'était le brouillard qui s'amusait à obscurcir le ciel. Depuis quelques jours, je me réveillai toujours avec le même spectacle sous les yeux : un voile mâte qui ternit le quotidien. Un peu comme si l'atmosphère était sous la constante tension d'un orage ou d'une quelconque averse pouvant surgir à tout moment. Cependant, je savais que cette brume ne tarderait point à se dissiper, dès lors pourrions-nous recouvrer une visibilité normale.
Je tressaillis subitement lorsque j'eus l'impression que la silhouette de ma mère défunte se dessina dans le brouillard, avant de disparaître aussi rapidement qu'elle n'était apparue. Fut-ce vraiment elle, descendue tout droit des étoiles pour me prouver qu'elle m'observait toujours ? Ou était-ce simplement le fruit de mon imagination encore trop endormie ? Les muscles tendus, la respiration retenue, je fermai les yeux pendant qu'une scène se rejouait, encore et encore, dans ma tête. Je revoyais ma mère, agonisante, sur le point de mourir. Et pourtant, elle était tranquille. Elle n'avait jamais eu peur. Elle qui était devenue aveugle, les étoiles lui avaient offert un cadeau d'une préciosité inimaginable. Elle avait retrouvé la vue pour les derniers instants. Je me souviens l'avoir vu tourner la tête vers le soleil, juste un petit moment. Éblouie, la conscience apaisée, elle avait fermé les paupières comme pour se recueillir avant d'ouvrir ses ailes vers les bleus infinis. Puis ses lèvres s'étaient entrouvertes et son dernier souffle s'était exhalé, comme le parfum d'un lis, en me murmurant ces paroles d'espérance : "je te vois."

Je secouai la tête avant de me lever lentement pour ne pas brusquer mes muscles encore endoloris par ma nuit sans histoires, et me secouai pour chasser le mauvais cauchemar que j'avais fait éveillée, dont je venais de m'extirper. Je me léchai la patte avant gauche et la passai ensuite sur ma tête, pour me faire une rapide toilette matinale, avant de définitivement sortir m'éloigner de mon antre. J'inspirai profondément l'air pur que m'offrait Dame Nature, avant de procéder à une rapide évaluation de la situation du Camp. Il était encore tôt et certains félins trouvaient le loisir de s'adonner à se plonger dans le Monde irréel, plutôt que de fouler le sol de la Réalité. Je baillai longuement, dévoilant de belles et grandes rangées de dents blanches, entretenues à la quasi-perfection par un soin que je garderai secret. Je griffai brièvement la terre de mes griffes recourbées, avant de tourner la tête vers la sortie du Camp pour avoir juste le temps d'apercevoir une silhouette franchir la limite entre le Camp et les Territoires. Je n'avais pas eu le temps d'apercevoir l'individu, mais souhaitant sortir prendre l'air également, il ne me restait plus qu'à le suivre.

Après quelques petites minutes de marche, à flairer l'air pour tenter de percevoir le fumet d'une potentielle proie, j'entendis une sorte de grondement provenir de devant moi. Je m'avançai un peu pour me rendre visible à celui qui pensait être pris au piège. Il s'agissait simplement d'Envol des Corbeaux, une guerrière que je trouvais un peu particulière, mais efficace. Lorsque la féline me vit, elle sembla se détendre.

<< Salutations, chère meneuse. >>

Elle se redressa en continuant à soutenir impassiblement mon regard, sans ciller. On aurait presque dit une statue de sel à qui on aurait demandé de ne bouger sous aucun prétexte.

« Salutation, Envol des Corbeaux. Que fais-tu ici de si bon matin ? commençai-je, en sachant pertinemment qu'elle pourrait parfaitement me retourner la question. Tu chasses ? Je sens une odeur de gibier sur toi. »

J'osai regarder derrière la chasseuse pour y voir un quelconque cadavre ou trou pouvant prouver qu'elle avait attrapé une proie, mais il n'y avait rien.
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Sam 27 Juin - 19:46


« Salutation, Envol des Corbeaux. Que fais-tu ici de si bon matin ? lui répondit Etoile de la Louve. Tu chasses ? Je sens une odeur de gibier sur toi. »  

Elle le sentait ! Mal à l'aise, Envol des Corbeaux fit de son mieux pour cacher sa gêne; et à raison. Juste derrière-elle, cachés par son corps, les restes de son repas figuraient à découvert. La jeune guerrière observa minutieusement sa meneuse. Elle ne savait pourquoi; cette chatte l'intriguait de la plus curieuse des manières. Pourtant, la féline noire ne connaissait ni son histoire; à vrai dire, elle peinait même à définir son caractère tant elle eut peu de fois l'occasion d'entretenir une conversation suffisamment longue pour permettre une conclusion. Le pelage beige et blanc de son aînée ne laissait rien transparaître : pas même un frémissement, ou un léger soulèvement dû à la brise estivale. Non, décidément, rien du tout. Cela troublait profondément Corbeaux'; jamais de sa vie elle n'avait vu un félin aussi indifférent à ce qui l’entourait, ne serait-ce qu'elle-même.
Tout autour d'elle, les pins s'élevaient, sombres, menaçants et pourtant, d'une certaine manière, rassurants. C'était chez elle, dans les territoires de l'ombre; le lieu où elle allait subir ou contempler le reste de sa vie. Oui, elle pourrait voir défiler le temps ainsi, sans souvenirs, sans émotions. Il n'y aurait rien, rien d'autre que le vent qui soufflerait dans son cœur pour en évacuer toutes les émotions. Il n'y aurait plus ni peur, ni amitié, ni amour. Ce serait si simple ! Et lorsque qu'elle mourrait, elle pourrait s'envoler jusqu'au clan des étoiles, rejoindre sa mère et tout oublier, oublier la misère, la faim, la peur à la nuit tombée de disparaître sous le courroux de ces hurlements.

Pourtant, Envol des Corbeaux savaient qu'elle ne pourrait pas finir ainsi. Ce qui faisait d'elle ce qu'elle était; c'était tout ce qu'il se passait; tous ses ressentis, tous ces morts, mais aussi toutes ces nouvelles vies, tous ces nouveaux défis. La jeune féline secoua la tête pour se tirer de toutes ces pensées.  Elle se redressa et de nouveau, son regard croisa celui d'Etoile de la Louve. Impassible, cette dernière continuait, immobile, à la fixer infatigablement. Son regard saphir déstabilisait un peu la chatte noire, mais elle tenait le coup. Les deux se battaient presque en duel de vision; et Corbeaux' ne comptait pas perdre de sitôt. Bien loin de se laisser abattre par la détermination de ce qu'elle considérait désormais comme un rival le temps de ces quelques minutes, elle ne cillait pas, imperturbable. Cependant, pendant qu'elle parvenait à focaliser toute l'intention de la meneuse, elle battait de la queue discrètement pour couvrir les restes de la souris. Oh, elle n'était pas vraiment douée pour la discrétion , cependant, elle excellait dans l'art de maintenir l'attention d'un félin pendant qu'elle s'occupait d'autre chose; de cette manière, la jeune féline parvenait à se tirer de nombreuses fâcheuses situations. Il faut dire que son regard de braise captivait nombre de ses camarades; ardents, aiguisés de la plus farouche détermination, il soutenait beaucoup de regards sans perdre une seule fois.

Lorsque sa tâche fut accomplit, elle esquissa un sourire et une ombre de satisfaction noircit un instant ses prunelles. Son ambition prit bientôt les commandes et elle se murmura intérieurement : « Et voilà, petite ignare, j'ai un peu triché avec le code du guerrier et tu ne t'apercevras de rien. ». Puis elle se ressaisit; toute trace de malveillance disparut et elle espéra que celle-ci fut passée inaperçue par sa cheffe. Envol des Corbeaux finit par tardivement lui répondre, tous les sens en alerte :

« Je chasse, en effet. Si je sens le gibier, et pour t'évacuer tout doute, c'est qu'une souris s'est échappée de ma gueule. A croire que je n'avais pas suffisamment fermé mes mâchoires. Puis-je te retourner la question ? »  
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 13:07

Le regard brûlant, tétanisant, voir même peut-être hypnotisant, d'Envol des Corbeaux, me troublait légèrement. Elle avait légèrement eut l'air surprise de me voir, et j'eus cru déceler une pointe de gêne dans ses prunelles. Cependant, celle-ci s'évapora tellement vite que je me demandais alors si je n'avais pas tout simplement rêvé. Je restai impassible devant elle, attendant une quelconque réponse, mais rien. La guerrière semblait plongée dans ses pensées, et seul le Clan des Etoiles pouvait savoir à quoi elle songeait en ce moment même. Je laissai mes iris bleutés la parcourir, attendant une réaction de sa part. La guerrière secoua soudainement la tête de droite à gauche, comme pour se débarrasser d'un mauvais rêve, avant de se redresser lentement pour me regarder droit dans les yeux. Je laissai alors mes iris plongés dans les siens, mon attention toute focalisée sur ces yeux ardent dans lesquels j'avais presque l'impression de me noyer. C'était comme si tout autour disparaissait peu à peu, ne laissant plus qu'elle et moi au cœur de cette immense forêt aux arbres dont les cimes nous semblaient infinies. Aucune de nous deux ne cillaient, et j'ignorai pourquoi j'étais dans une telle incapacité de faire quoi que ce soit.

Après quelques minutes de face à face qui me semblèrent interminables, Envol des Corbeaux lâcha finalement un sourire, comme si elle venait de remporter une victoire dont j'ignorai la nature. Perplexe, je vis ses lèvres remuer, mais ne fus pas assez concentrée pour entendre ce qu'elle venait de dire. Cette féline m'avait toujours intrigué, mais maintenant, elle n'avait fait que renforcer mon ressenti envers elle.

« Je chasse, en effet. Si je sens le gibier, et pour t'évacuer tout doute, c'est qu'une souris s'est échappée de ma gueule. A croire que je n'avais pas suffisamment fermé mes mâchoires. Puis-je te retourner la question ? »  

Je me retins d'émettre un rire nerveux à l'évocation de sa seconde phrase. Je plantai mes griffes dans une feuille morte se tenant à mes pattes, et agitai les oreilles. Je m'attendais à ce qu'elle me fasse le coup du retournement de question. C'était tellement prévisible que je n'en même pas un poil surprise. Mais après réflexion, il me semblait normal d'agir de la sorte. Un chat arrive et vous demande ce que vous faites ici ; un de vos premiers réflexes est bien sûr de lui demander à son tour, ce que lui, fait ici.

« Oh, mais je ne doutais pas de toi, Envol des Corbeaux, commençai-je en m'avançant d'avantage vers elle. En revanche, tâche de serrer la mâchoire un peu plus fort la prochaine fois, il serait dommage qu'une proie se trouve avoir plus de force que tes crocs, soufflai-je en m'approchant encore de quelques centimètres. »

Une fois ma phrase terminée, je me reculai et m'assis au sol, avant de me passer un léger coup de langue sur le poitrail. Je n'avais pas répondu à sa question, et je le savais. Je n'avais juste pas envie de lui répondre sur le champs. Néanmoins, si je ne le faisais pas, elle risquait d'insister alors que je n'avais pourtant rien à cacher.

« J'ai décidé de prendre le même chemin que toi pour tenter d'attraper quelque chose à ramener au Clan. Je ne t'avais pas reconnu quand tu es sortie du Camp, mais j'ai bien aperçu une ombre, alors que j'étais assise devant mon Antre. »

J'eus l'impression de recevoir une décharge électrique au moment même où je me rappelai le moment où j'étais installée devant mon antre et que cette... silhouette brumeuse s'était formée dans le brouillard. Je fermai les yeux un instant, et d'un coup de griffe dans la terre qui fit valser quelques gravillons, j'évacuai la peine qui commençait à grimper dans mon cœur. Je reportai alors mon attention sur la chasseuse qui se trouvait devant moi. Ses yeux me mettraient toujours mal à l'aise, et je crois que personne ne pourrait jamais s'y habituer. Il y avait une couche de couleurs, et contrairement aux autres, on ne pouvait pas voir en dessous. Aucune émotion n'y luisait. C'était... Étrange. Très étrange. Mais je décidai de ne pas m'y attarder. A quoi bon ?

« Comptes-tu poursuivre ta partie de chasse ? Ou souhaites-tu que l'on se défie à nouveau du regard ? Parce que c'est l'impression que j'ai eu. »

Mon ton n'avait rien d'agressif. Je ne voulais pas l'offenser, et pour être parfaitement honnête, je n'avais rien contre Envol des Corbeaux. C'était une bonne guerrière, peut-être ayant une réputation de quelqu'un d'hautain auprès de certains, mais elle n'était pas dangereuse. Au fond, je l'appréciai.
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 13:44


Envol des Corbeaux, après avoir formulé son explication, se sentit un peu coupable; après tout, elle n'avait rien contre Etoile de la Louve. Il est vrai que la jeune chatte noire convoitait son poste, oui, mais au fond, elle appréciait sa détentrice. Elle se mit alors à redouter sa réponse; du fait qu'elle eut mangé en toute conscience des lois du gibier en dépit de son clan, mais aussi qu'elle ne fut guère agréable en ses paroles. Tentant de se décontracter, elle se lécha le poitrail pour le lisser. Cependant, la réponse de son aînée vint la fouetter comme des grêlons :

« Oh, mais je ne doutais pas de toi, Envol des Corbeaux, fit la meneuse en s'approchant. Vu en ce sens, elle paraissait à Corbeaux redoutable. En revanche, tâche de serrer la mâchoire un peu plus fort la prochaine fois, il serait dommage qu'une proie se trouve avoir plus de force que tes crocs, me soufflait-elle en s'approchant davantage. »

Son museau n'était qu'à quelques centimètres du sien et elle sentait son haleine chaude se répandre dans son pelage. Son mensonge la rendit cependant de bonne humeur : autant bien on ne l'y avait pas prise mais en plus, elle venait de tester sa nouvelle technique pour masquer ses repas illégaux sur sa meneuse, et à succès.  Le brouillard qui entourait les deux félines semblait se dissiper, pour le plus grand plaisir de Corbeaux qui y voyait là un signe du clan des étoiles. En levant un peu plus la tête, elle apercevait alors l'astre diurne dans toute sa magnificence. Il s'élevait lentement, mais sûrement au travers le ciel et indiquait que midi n'était pas encore passé. Sa blancheur nuancée d'un jaune pâle irradiait de lumière la Terre, sur laquelle le Soleil frappait de sa chaleur. Après cette brume si froide, si inquiétante, c'était réellement bénéfique, et sans doute le reste des chats claniques ne tarderaient pas à aller chasser, ravis de l'éveil de l'étoile bienfaitrice qui couvrait d'un regard bienveillant les hôtes qui s'affichaient à elle.
La guerrière ombreuse détacha son regard du ciel et le laissa vagabonder tout autour d'elle. Les pins émettaient une odeur familière de sève et toutes sortes de bêtes gravissaient leur tronc et sautaient de branches en branches, de plus en plus haut. Puis sa vision heurta celle des griffes d'Etoile de la Louve, qui semblaient bien aise à perforer une feuille morte. Toujours aussi proche, cette dernière se décida enfin à reculer, puis elle s'assit et se donna un coup de langue, avant de reprendre :

« J'ai décidé de prendre le même chemin que toi pour tenter d'attraper quelque chose à ramener au Clan. Je ne t'avais pas reconnu quand tu es sortie du Camp, mais j'ai bien aperçu une ombre, alors que j'étais assise devant mon Antre. »

La cheffe sembla tressaillir. Cette réaction intrigua Corbeaux', mais cependant, elle s'abstint de tout commentaire : après tout, on avait tous quelque chose à cacher, et la féline ébène ne tenait pas à s'approprier tous les secrets de son clan. Elle en avait bien assez pour elle-même. La beige et rousse repoussa la feuille morte et, de nouveau, s'attaqua à quelque chose. Cette fois-ci, ce furent quelques gravillons qui valsèrent à à peine un centimètre du sol pour retomber un peu plus loin. Puis elle releva la tête et leurs regards se croisèrent un instant, avant de se détourner.

« Comptes-tu poursuivre ta partie de chasse ? Ou souhaites-tu que l'on se défie à nouveau du regard ? Parce que c'est l'impression que j'ai eu. »

Bien que le ton d'Etoile de la Louve n'avait rien d'agressif, Envol des Corbeaux se sentit agressée. Elle tâcha cependant de contenir sa colère et cette dernière s'évapora bien vite. Elle se contenta d'hausser les épaules, mais finit tout de même par répliquer :

« Mieux vaut ne pas nous emmêler en de fausses impressions. La jeune féline marqua une pause, puis reprit. Je préfère profiter du jour, tant qu'il est encore là, et tant que je reconnais encore mon territoire »

Elle cligna pour la première fois depuis sa rencontre avec sa meneuse des yeux, lentement, puis elle fut d'un seul coup consciente qu'elle n'avait pas donné assez d'éléments pour faire comprendre à l'autre ce qu'elle sous-entendait. Elle se décida alors à lui partager ses craintes :

« La nuit, les hurlements qui retentissent paraissent si sombres de pensées malfaisantes, que même nos terres en semblent imprégnées. »
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 14:47

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J'ignorai si Envol des Corbeaux fut tout de même offensée par ce que je ne venais de dire, mais qu'importe. Je ne le saurai jamais. La femelle avait le don de dissimuler énormément de choses, comme si elle détenait une boîte à secrets au fond de son cœur, et qu'elle seule possédait la clef capable de l'ouvrir pour laisser s'envoler tous les ressentis invisibles qu'elle contenait au fond d'elle. Il était vrai que nous étions légèrement semblables quant à ces émotions voilées, mais me concernant, je ne les cachai pas totalement. Je gardai simplement souvent un visage neutre, mais la colère, la tristesse, l'impatience ou la joie, pouvait tout de même se lire au fond de mes prunelles de la couleur des saphirs. La femelle noire, elle, ne laissait rien paraître. Du moins, c'était ce que je ressentais.
Je vis alors la féline hausser les épaules avant de prendre la parole :

« Mieux vaut ne pas nous emmêler en de fausses impressions. »

Je ne pouvais que lui donner raison. Inutile de laisser la paranoïa s'installer dans nos pensées déjà trop perturbées et salies par les lunes passées. La nuit, nous ne dormions plus que d'un œil, et nous n'étions jamais totalement reposés. Les Hurlements nous vrillaient sans cesse les oreilles, brisaient nos uniques moments de repos. Je laissai mon regard parcourir les tronc des arbres qui commençaient à être illuminés par les rayons du soleil qui avait percé le brouillard planant autour de nous. Et j'étais là, debout, songeuse, avec l'unique sentiment d'une anxiété sans espérance. Les jours, les nuits, les semaines s'envolaient. Des phénomènes singuliers se passaient maintenant, où il devenait difficile de distinguer le point où l'imaginaire et le réel étaient identiques. Chaque nuit, chaque fois que la lune fait son apparition dans la voûte céleste, une présence flottait dans l'air : une forme s'efforçait de transparaître, de se tramer sur l'espace devenu indéfinissable.

« Je préfère profiter du jour, tant qu'il est encore là, et tant que je reconnais encore mon territoire »

J'inclinai la tête sur le côté, légèrement intriguée. Qu'avait-elle donc voulu dire par là ? Même en réfléchissant pendant quelques instants, je ne parvins pas à déceler le sous-entendu qu'elle avait surement ancré dans ses paroles. Envol des Corbeaux sembla comprendre qu'elle ne m'avait pas assez donné de précisions, car elle se donna l'autorisation de continuer :

« La nuit, les hurlements qui retentissent paraissent si sombres de pensées malfaisantes, que même nos terres en semblent imprégnées. »

Je sursautai alors qu'Envol des Corbeaux venait de mentionner les Hurlements à son tour. C'était comme si elle venait de lire dans mes pensées, qu'elle avait réussi à savoir à quoi je pensais exactement. Je baissai les yeux et observai la terre qui se trouvait sous mes pattes. Etait-il possible que cette boue séchée soit en réalité, une couverte servant à protéger des racines noires comme les ténèbres, prêtes à sortir du sol pour nous attraper et nous tirer dans les profondeurs de la Mort ? Je tressaillis à cette pensée et tentai de me ressaisir. Ce n'était pas le moment de céder à la panique, c'était à moi de protéger mon Clan. A quoi pourrais-je donc servir si je reste terrée dans mon tanière, à ne plus vouloir en sortir ?

« Je ne peux que te donner raison. La nuit, j'ai même parfois l'impression que l'obscurité s'invite dans mes poumons, alors que j'entends ces bruits déchirants résonner dans l'ensemble de la forêt. »

J'inspirai profondément avant de regarder la femelle droit dans les yeux. Je ne cherchai pas à focaliser son attention ni rien d'autre de ce genre. De toute façon, mes iris n'avaient rien d'hypnotiques. Mes prunelles reflétaient simplement le désarroi... et l'impuissance.

« Je suis perdue Envol des Corbeaux. Je suis censée protéger mon Clan des griffes de cette Atrocité, et je ne peux rien faire. Combien de temps avant que nous ne soyons tous enlevés par cette... chose ? Combien de temps nous reste-t-il... ? Et que fait le Clan des Etoiles ?! »

J'avais haussé le ton sur la dernière phrase. J'étais en situation d'impasse, je ne pouvais rien faire. Je me sentais si faible devant mes guerriers qui tombaient les uns après les autres et ne revenaient jamais. Certes, cela fait maintenant quelques temps qu'il n'y a plus eu de disparitions dans le Clan de l'Ombre, mais les Hurlements étaient toujours là. Ils nous guettaient, ils nous épiaient. Et nous ignorions toujours ce qu'ils étaient.

« Comment combattre une chose qui n'a pas de visage... ? »
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 16:28


Etoile de la Louve sursauta lorsqu'Envol des Corbeaux mentionna les Hurlements. Il est vrai que ces derniers étaient sujets à l'effroi, et pour cause : chaque soir, Ils retentissaient, lugubres et puissants, et emportaient avec eux certains félins. Nul ne sait ce qu'il advenait d'eux. Ces derniers temps, il était devenu dangereux de se promener seul sur les territoires ombreux la nuit, car Ils pouvaient emporter n'importe qui n'importe quand. La féline ébène devait se l'avouer: elle-même en avait peur, une peur profonde, glaciale, ténébreuse. Elle vit alors sa meneuse tressaillir et baisser la tête, alors que cette dernière lui dit doucement :

« Je ne peux que te donner raison. La nuit, j'ai même parfois l'impression que l'obscurité s'invite dans mes poumons, alors que j'entends ces bruits déchirants résonner dans l'ensemble de la forêt. »

A partir de cet instant, Corbeaux vit en son aînée autre chose qu'un félin de garde supérieur et d'un quelconque adversaire : elle comprit qu'elle n'était pas seule à avoir peur de cette.. Cette chose à laquelle on ne pouvait donner un nom; alors que d'autres, bien qu'étant une minorité, s'en fichaient éperdument, elles deux en souffrait. Car, chaque nuits, ces cris pénétraient leur esprit et les forgeaient de crainte, s'insinuant jusqu'à leur âme et répandant leur haine féroce et sauvage. C'était ça, le fléau de la vie de chats. Les Hurlements étaient leur cruels bourreaux et à chaque crépuscule, personne n'était à l'abris, et personne ne s'endormait sans être conscient que rien n'était moins sûre que de s'éveiller le lendemain vivant. Corbeaux, à son tour, eut un frisson qui la parcourut de la tête jusqu'au bout de la queue. Nul ne savait ce qu'il advenait des prisonniers de cette inconnue créature. La seule chose -et encore, ce n'était que ce que la plupart des félins pensaient, une théorie, une hypothèse. Une simple hypothèse parmi tant d'autres- que l'on savait, c'était que ces félins disparus mourraient. Etoile de la Louve fit s'éveiller de ses pensées Envol des Corbeaux en poussant un long soupir, puis la fixa dans les yeux. Ces derniers étonnèrent la guerrière : ils reflétaient une profonde impuissance. La meneuse se remit alors à parler, et la femelle ébène comprit ses sentiments alors :

« Je suis perdue Envol des Corbeaux. Je suis censée protéger mon Clan des griffes de cette Atrocité, et je ne peux rien faire. Combien de temps avant que nous ne soyons tous enlevés par cette... chose ? Combien de temps nous reste-t-il... ? Et que fait le Clan des Etoiles ?! »

Corbeaux fut alors frappée par le désarroi qui s'écoulait de ces paroles. Elles partageaient tant de choses ! Mais Etoile de la Louve, elle, avait tant de responsabilités sur les épaules que sa cadette peinait à comprendre de quelle manière elle parvenait encore à les endosser sans faiblir. Que faisait le Clan des Etoiles ? La jeune féline, bien que dépassée par cette question, se permettait de formuler intérieurement une hypothèse. Peut-être que, pour cette fois-ci, leurs aïeuls étaient impuissants ? Mais le pire que redoutait Envol des Corbeaux, était bien que les victimes des Hurlements ne rejoignaient pas le Clan des Etoiles après leur mort. Cette hypothèse effrayait tant la guerrière qu'elle se refusait d'y croire. Le désespoir d'Etoile de la Louve était si grand, qu'elle même commençait à désespérait avec elle. Par ailleurs, la cheffe murmura :

« Comment combattre une chose qui n'a pas de visage... ? »

Envol des Corbeaux se décidait à lui répondre franchement; car il n'y avait rien qui pouvait répondre à cette question. Les clans étaient au bord du gouffre et rien ne les retenait dans leur chute. Il n'y avait personne non plus pour les rattraper au fond du précipice; non, décidément, rien ne le pouvait.

« Je ne sais pas, Etoile de la Louve. Je ne sais rien, je ne sais pas qui Ils sont, quels sont Leurs buts, et pourquoi. Je ne sais pas pourquoi Ils sont venus, ni pourquoi Ils se cachent. Je ne sais pas pourquoi nous vivons dans la peur de la lune parce qu'elle est le symbole de la nuit, je ne sais pas pourquoi à même le jour on en a toujours peur. »

La jeune chatte ébène avait dit ça d'une traite, sans reprendre son souffle. Elle avait tenté, ainsi, de vider toute sa peur, et pourtant, elle savait que rien ne pourrait éloigner cette frayeur qui étreint son cœur le jour et qui l'étouffe la nuit.

« Que pouvons-nous faire contre ces Choses qui nous hantent ? A part attendre et nous voir partir les uns après les autres droits dans Leurs gueules ? »

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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 18:16

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Envol des Corbeaux semblait elle aussi dépassée par les événements. Malgré ses yeux qui ne laissait paraître presque aucun sentiment, était-elle aussi fatiguée, apeurée que je ne l'étais ? En y réfléchissant bien, qui pourrait être totalement indifférent aux horreurs qui nous entouraient, à chaque nuit tombante ? Qui pourrait bien lever les yeux vers la lune et ne ressentir aucune crainte au fond de son cœur ? Nous ne pouvions pas lutter. C'était comme se débattre et donner des coups de griffes dans de la fumée. Nous n'atteignions rien, la fumée ne fait que se dissiper un instant, pour mieux revenir nous asphyxier la seconde d'après. Comme une boucle infinie qui se répète inlassablement, nous épuisant jusqu'à notre dernier souffle : j'avais la réelle impression que ce combat serait terminé avant même d'avoir commencé. Nous n'avions pas la moindre petite chance d'exterminer cette chose, sauf si nous arrivons à trouver son angle mort. Après tout, chaque chose en possède un, n'est-ce pas ? Nous avons tous un point faible, même les êtres qui ne sont pas vivants. Prenez l'exemple d'une fleur. Belle, agréable, décorative. Mais sa tige peut être tranchée d'un seul coup de griffe. Là est son point faible. Alors peut-être que ces Hurlements peuvent être affaiblis, d'une manière ou d'une autre.

J'aimerai tellement croire en mes propres pensées. Tellement croire à tout ce que je dis aux autres, en espérant les rassurer. Je passai mes journées à rassurer le Clan, en leur disant que tout ira bien, que nous allons bientôt trouver une solution. Mais quelle solution ? C'était comme si la clef pour s'extirper de ce cauchemar était plongée dans une flaque d'acide et qu'il fallait y mettre la patte à l'intérieur pour l'attraper. C'était impossible. Il n'y avait... Il n'y avait pas de solution.

« Je ne sais pas, Etoile de la Louve. Je ne sais rien, je ne sais pas qui Ils sont, quels sont Leurs buts, et pourquoi. Je ne sais pas pourquoi Ils sont venus, ni pourquoi Ils se cachent. Je ne sais pas pourquoi nous vivons dans la peur de la lune parce qu'elle est le symbole de la nuit, je ne sais pas pourquoi à même le jour on en a toujours peur. »

Je perçus à sa voix que la féline était essoufflée, tant elle m'avait débité ces mots d'une traite à une vitesse fulgurante. Et je me rendis alors compte qu'elle pensait la même chose que moi. Sous ses airs d'indifférence se cachait une crainte glaciale à faire taire le chant le plus mélodieux des oiseaux. C'était comme si cette peur avait le pouvoir d'éteindre la flamme d'espoir de la bougie posée sur notre cœur. C'était terrifiant. Que pouvions-nous faire, alors que ces Hurlements étaient en train de nous voler la dernière part de conscience que nous possédions ?
Je sentis mes pattes qui commencèrent à trembler et fis du mieux que je pus pour les empêcher de flageoler d'avantage. Il fallait être fort. Encore, et encore. Il fallait tenir jusqu'à la fin de ce cauchemar. Même si ce dernier pourrait être représenté comme un immense tunnel sans fin, plongé dans les ténèbres les plus obscures et les plus angoissantes.

« Que pouvons-nous faire contre ces Choses qui nous hantent ? A part attendre et nous voir partir les uns après les autres droits dans Leurs gueules ? »

"Rien. Nous ne pouvons rien faire Envol des Corbeaux." Parce que oui, c'était ce que je pensais. A mes yeux, tout était fini, il ne nous fallait plus qu'attendre notre mort. Mais je refusais de le dire à voix haute. Je refusais de l'admettre. Je ne pouvais pas m'avouer vaincu si facilement, alors que mon cœur battait encore. Je ne pouvais me le permettre. J'inspirai longuement et expirai jusqu'à ce que mes poumons se soient totalement vidés de leur air, comme si toute la frayeur que j'avais emmagasiné ces dernières lunes, s'était enfuie avec l'oxygène ayant quitté mon corps.

« La forme du corps lui est plus essentielle que sa substance, Envol des Corbeaux. Nous n'avons jamais vu ces choses. Peut-être que dans nos esprits, elles n'ont pas d'apparence, mais qui nous dit qu'au fond, ce ne sont pas des êtres constitués de chair et de sang, comme nous ? prononçai-je d'une voix quelques peu tremblantes, trahissant mon inquiétude permanente. Ceux qui ont vu les Hurlements ne sont malheureusement jamais revenus pour nous le dire mais... »

Je ne savais pas si tout ce que je disais avait un sens. Je comprenais ce que je voulais dire, mais en serait-il de même pour la guerrière se tenant en face de moi ? Intercepterait-elle les choses de la même manière que moi ? Trouvera-t-elle mes hypothèses stupides ? Tant de questions pour si peu de réponses. J'avais l'impression que lorsqu'un mystère était résolu, deux autres apparaissaient à la place. Et cela m'hérissait le poil.

« Je veux dire que si ces choses possèdent une forme, il y a peut-être un moyen de les vaincre, continuai-je d'une voix plus assurée. Tout en parlant, je continuai à fixer Envol des Corbeaux, comme si elle était un ancrage auquel je pouvais me raccrocher pour ne pas paniquer de mes propres paroles. Nous avons subit énormément de pertes, c'est vrai. Mais nous sommes encore debout. J'ai l'impression que nous ne pouvons rien faire, mais quelqu'un m'a dit un jour que s'il n'y avait pas de solution, il n'y avait pas de problème. A chaque problème sa solution. Et à chaque solution son problème. »

Je me mordis la langue et baissai légèrement la tête, marquant une courte pause. Mon cœur battait la chamade et j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma cage thoracique. Ma queue fouettait l'air avec une violence redoutable, signe de l'angoisse qui montait progressivement et me prenait les entrailles en les tordant douloureusement. Je repensais à toutes ces nuits de détresse. La nuit, entre la veille et le sommeil, des paroles entendues très bas : tout m'avertissait. C'était une négation de la Mort élevée. Et je ne pouvais pas affaisser les épaules devant cela.
Je redressai ensuite la nuque pour de nouveau faire face à Envol des Corbeaux, et clignai doucement des yeux.

« Il faut se souvenir que même si l'on traverse l'Enfer, surtout... Il faut continuer d'avancer. »
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 19:02


Le soleil parcourait inexorablement le ciel, impassible à la scène qui se passait devant ses yeux. Il poursuivait calmement sa course, infatigable. Désormais, il se pointait légèrement plus à l'ouest, signe que midi était déjà passé. Que se passait-il alors au camp ? Sans doute les guerriers ombreux avaient achevé leur repas et s'installaient paisiblement dans un coin d'ombre. Il fallait dire que, contrairement à cette matinée plongée dans la fraîcheur du brouillard, l'après-midi semblait se diriger vers une fournaise et déjà, l'on pouvait sentir son ardente chaleur. Envol des Corbeaux réfléchissait; en ces temps obscures, c'était la meilleure -et la seule- chose à faire. La pensée était le plus précieux don de la vie; elle permettait de nombreuses fois de tirer des conclusions surprenantes et pourtant réalistes. Sans la réflexion, même les instants les plus importants nous échappaient. Cependant, il y avait une idée, là, logée au coin de la tête de la féline noire, qui guettait patiemment d'être découverte. La voix d'Etoile de la Louve tremblait légèrement; sans doute signe de son inquiétude et pourtant, la façon dont elle le prononça émergea Corbeaux' de sa transe et lui donna raison d'espérer :

« La forme du corps lui est plus essentielle que sa substance, Envol des Corbeaux. Nous n'avons jamais vu ces choses. Peut-être que dans nos esprits, elles n'ont pas d'apparence, mais qui nous dit qu'au fond, ce ne sont pas des êtres constitués de chair et de sang, comme nous ?»

L'idée que la jeune féline ébène ne parvenait pas à saisir se réveilla alors. Oui. Et si les Hurlements n'étaient autres que quelque chose de solide, et non pas une forme mystique ? Tout se déroulerait alors autrement... Il y aurait un moyen, oui, de les battre. Un infime espoir dans les noirs ténèbres où se précipitaient son clan. Peut-être que ces choses là étaient tout simplement dotés d'un genre de pouvoirs. Peut-être étaient-elles tout simplement de leur espèce, ou d'une autre. Du moins, quelque chose de vivant, vertébré, avec autour de ses os la chair, les artères et les veines.

« Ceux qui ont vu les Hurlements ne sont malheureusement jamais revenus pour nous le dire mais..., poursuivit la meneuse. »

Envol des Corbeaux pencha légèrement la tête; que sous-entendait-elle là ? Autant cette féline aux yeux saphir l'intriguait, autant son idée évoluait. Désormais, cela lui transparaissait comme une évidence. Elle se sentait si bête de ne pas avoir songé à cela bien avant ! Cela, si ça avait fonctionné, aurait sans doute sauvé nombre de vies qui désormais, séjournaient sois au clan des Etoiles, sois dans un lieu inconnu; sans doute aussi sombre que les cris qui les avaient précipités dans ce désastre.

« Je veux dire que si ces choses possèdent une forme, il y a peut-être un moyen de les vaincre, continua Etoile de la Louve d'une voix qui sembla à la guerrière noire plus assurée, plus ancrée dans la détermination que précédemment. Il sembla alors à cette dernière que la cheffe lisait dans ses pensées. Non,elle ne pouvait pas savoir qu'elles deux songeaient sûrement la même chose et pourtant, Corbeaux' se sentait et rassurée et revigorée à cette pensée. Nous avons subit énormément de pertes, c'est vrai. Mais nous sommes encore debout. J'ai l'impression que nous ne pouvons rien faire, mais quelqu'un m'a dit un jour que s'il n'y avait pas de solution, il n'y avait pas de problème. A chaque problème sa solution. Et à chaque solution son problème. »

A chaque solution son problème. Ce fut tout à fait le terme qu'il fallait dire pour considérer le cas auxquels tous faisaient face. Envol des Corbeaux reprit le fil de cette conversation qui s'annonçait fort intéressante pour tous :

« Résumons. Chaque nuit, des hurlements déchirent l'air et emportent avec eux quelques de nos camarades. Nous ne connaissons pas la source de ces cris, mais il ne faut en aucun cas se balader seul -et même en groupe- la nuit. Personne ne connaît leur apparence, à part, peut-être, ceux qui en sont la victime, et encore, l'on ne sait point où ils terminent leur course. Si ces choses étaient matérielles, nous pourrions envisager une solution. Je pense avoir trouvé cette solution. Elle serait peut-être dangereuse. Non, c'est quasiment certains que l'on perdrait de nos compagnons. Mais avec de la chance... Nous pourrions retrouver ces assassins. »

Envol des Corbeaux inspira un bon coup, consciente que ce qu'elle allait dire était totalement suicidaire, qu'il faudrait et du temps, et du courage et beaucoup de félin pour venir à bout de son idée. Cela dit, au point où tous étaient, tout était bon à dire.

« Nous pourrions attendre, à l'entrée du camp, en grand groupe, serré les uns contre les autres pour signaler la moindre disparition ou mouvement étrange, le premier hurlement de la nuit. D'ici, nous essaierions de repérer la source, et de suivre à l'instinct comme l'on pisterait une proie. Le but serait de repérait d'où il viendrait. »

La guerrière ébène se rendit compte, mais bien trop tard, de la stupidité de ce qu'elle venait de dire. A présent, elle ne pouvait qu'attendre la réponse de son aînée.

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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Dim 28 Juin - 21:20

Après mon débit de paroles d'abord peu assuré, puis confiant, Envol des Corbeaux sembla songeuse un instant, avant d'afficher un air déterminé. Partageait-elle donc mon point de vue ? Était-elle du même avis que moi ? Apparemment. Ses prunelles brûlaient d'une ardeur que je n'avais pas encore perçu jusque là, et elle ressemblait à s'y méprendre à un guerrier prêt à se plonger dans une bataille et à livrer corps et âme jusqu'à son dernier souffle. Cette réaction de la part de la féline me fit gonfler le poitrail. Sa force me donnait du courage, et vice versa. Nous partagions la même opinion : toutes deux savions qu'il nous fallait nous battre contre cette chose, avant que nous nous ne soyons tous exterminés les uns après les autres. Il était inutile de fuir. Tout le temps, au cours de notre vie, nous nous retrouvions confrontés à des obstacles plus ou moins faciles à franchir. Certains les surmontent dès le début et prennent l'habitude de se battre à la moindre fissure sur le chemin de leur vie. D'autre passent leur temps à contourner l'obstacle, pensant qu'il s'agissait d'une manière de le franchir. Malheureusement, il arrive un jour où tous ces pièges que nous avons évité pendant tout ce temps, se rassemblent et forment un mur si grand qu'il nous est incapable de l'escalader pour continuer notre chemin. La seule alternative reste de trouver la force de le détruire, de le réduire en miettes, pour passer de l'autre côté. Nous concernant, ce jour était arrivé. Nous ne pouvions plus nous lamenter sur notre sort et contourner les obstacles ; nous devions les briser une bonne fois pour toute, en nous unissant et en nous battant jusqu'à ce que notre dernier souffle ne s'envole vers les étoiles et ne se retrouve au Clan de nos Ancêtres.

« Résumons, commença alors la guerrière d'un ton décidé. Chaque nuit, des hurlements déchirent l'air et emportent avec eux quelques de nos camarades. Nous ne connaissons pas la source de ces cris, mais il ne faut en aucun cas se balader seul -et même en groupe- la nuit. Personne ne connaît leur apparence, à part, peut-être, ceux qui en sont la victime, et encore, l'on ne sait point où ils terminent leur course, j'hochai la tête presque imperceptiblement pour lui annoncer que je la suivais. Si ces choses étaient matérielles, nous pourrions envisager une solution. Je pense avoir trouvé cette solution. Elle serait peut-être dangereuse. Non, c'est quasiment certains que l'on perdrait de nos compagnons. Mais avec de la chance... Nous pourrions retrouver ces assassins. »

Intriguée, je me surpris à avoir retenu mon souffle. A vrai dire, je crois que j'étais restée en apnée pendant tout le temps où Envol des Corbeaux avait commencé à élaborer un plan sous mes yeux. Je ne comprenais pas vraiment où elle voulait en venir pour le moment, mais le fait qu'elle parte de la possible mort de mes guerriers, me faisait froid dans le dos. Je n'aimais pas trop cette proposition. Sacrifier des guerriers du Clan de l'Ombre ? Je restai sur mes gardes, récalcitrante, les sens en alerte. A quoi tout cela allait-il donc aboutir ? Plongions-nous droit dans un gouffre, ou au contre, marchions-nous vers la lumière de l'ultime délivrance tant attendue et méritée ?
Je vis la femelle sombre inspirer longuement, comme si elle se préparait à annoncer quelque chose d'effroyable. De terrible. Après tout, peut-être qu'elle comptait vraiment me dire quelque chose d'affreux ?

« Nous pourrions attendre, à l'entrée du camp, en grand groupe, serré les uns contre les autres pour signaler la moindre disparition ou mouvement étrange, le premier hurlement de la nuit. D'ici, nous essaierions de repérer la source, et de suivre à l'instinct comme l'on pisterait une proie. Le but serait de repérait d'où il viendrait. »

La guerrière sembla soudainement piteuse à propos de ce qu'elle venait de dire, et une once de gêne voila son visage pendant une petite seconde. Quant à moi, je me repassai en boucle le possible scénario qu'un tel plan pourrait engendrer : du sang. Des morts. Des cris. Des pleurs. Encore du sang. Que d'atrocités et de terreurs. Que de pertes et de douleur. Mais peut-être une chance de nous en sortir. Oui, cette idée était totalement suicidaire, inutile de prétendre le contraire. C'était même de la folie. Et pourtant, je n'arrivais pas à trouver cela stupide. Au fond de moi, je sentais que cette idée pourrait fonctionner. Les chances de réussite était mince, certes, mais qu'étions-nous sans espoir ? Qu'étions-nous sans désir de vaincre et de nous battre ? De toute façon, nous avions assez attendu. Assez pleuré. Assez souffert. Il fallait agir.
Je me raclai la gorge et lâchai un sourire franc à Envol des Corbeaux. Pas un sourire forcé ou un rire jaune, non. Un vrai sourire de compassion, un sourire de compréhension. Un sourire qui vient tout droit du cœur. Un sourire dans lequel il était possible de trouver le sucre comme l'amer, le doux comme l'acide. Un sourire aux mille et unes explosions de sentiments sincères.

« Envol des Corbeaux, je vois à ton expression que tu penses que cette idée est stupide. Ai-je raison ? »

Sans lui laisser le temps de poursuivre, je me levai et allai m'asseoir à côté d'elle, en ayant marre de rester en face dans un éternel duel de regard, malgré le fait que ça ne soit pas forcément volontaire. J'attendis quelques instants avant de continuer, et voyant que la chasseuse ne réagissait pas, je poursuivis :

« Ton idée n'est pas stupide. Tu as très bien pensé. C'est effectivement très dangereux. Peu de chats accepteraient de suivre ton raisonnement, il faut que tu en sois consciente. C'est un acte totalement fou, mais il pourrait tous nous sauver. On ne peut pas vaincre un ennemi que nous n'avons jamais vu. Ta proposition est une des seules alternatives qui nous restent. »

Une pensée me frappa soudain et le doute s’imprégna en moi. Je sentis l'angoisse revenir et je ravalais la boule de stress qui m’obstruait la gorge.

« Mais qu'en est-il des autres Clans ? Eux aussi sont en danger. Et je ne pense pas qu'ils accepteront de suivre l'idée d'un Clan rival. Et encore moins le nôtre. Tu connais notre réputation... soupirai-je, lasse de toutes ces fausses idées que les chats se faisaient sur les membres du Clan de l'Ombre. Nous étions des chats nous aussi. Nous avions un cerveau, un cœur, du sang dans nos veines. Et pourtant, non. Il y avait toujours ces différences que l'on exagérait sur nous. »
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Lun 29 Juin - 13:19


Rien ne brisait ce silence; pas même le vent, ni l'étourneau qui passa tout près d'Envol des Corbeaux sans que cette dernière n'esquisse le moindre mouvement pour le poursuivre. La guerrière ébène était en un sens figée dans son esprit. Son cerveau avait cessé de s'activer à partir du moment où elle avait exposé son idée, comme s'il s'agissait d'une parole tout à fait ordinaire, semblable à tant d'autres. Extérieurement, pourtant, elle semblait encore expressive, et pour cause; nul doute qu'Etoile de la Louve avait saisit son air piteux et la gêne -le seul sentiment que faisait transparaître ses yeux, à vrai dire- qui voilait son regard ardent. La féline noire était restée bloquée sur ce qu'elle venait de dire et se rendit compte; bien trop tard, cependant, ce que pouvait s'imaginer sa meneuse par la suite. Elle devait peut-être la croire folle; aussi bien avait-elle également notait que Corbeaux' avait mentionné le sacrifice que toute cette procédure engendrerait. Ainsi cette dernière baissa la tête, honteuse, et attendit patiemment la réponse de la beige et rousse. Lorsque la femelle couleur d'ombre sortit de sa torpeur, elle se rendit compte que l'autre retenait souffle et paraissait songeuse. Pensait-elle aux conséquences de l'acte désespéré qu'Envol des Corbeaux venait de lui proposer, ou alors préparait-elle son sermon ? Soudainement, elle l'entendit se racler la gorge et elle fixa, ébahit, le sourire franc que son aînée lui adressa. Il n'y avait en rien du sarcasme et encore moins de l'hypocrisie; ce que la guerrière aux prunelles braises voyait, c'était un vrai sourire. Celui qui l'on adressait sincèrement à une personne que l'on appréciait. Un sourire qui voulait tout dire et qui valait toutes les paroles du monde.

« Envol des Corbeaux, je vois à ton expression que tu penses que cette idée est stupide. Ai-je raison ? fit Etoile de la Louve. »

Oui, sa cheffe avait raison. Le plus surprenant fut encore à venir; son aînée se leva sous ses yeux et alla ,d'une démarche gracieuse qui ne convenait qu'à elle, s'asseoir près de Corbeaux qui s'en étonna alors : devait-elle s'en sentir honorée ? Ou plutôt offusquée que sa meneuse soit en sommes gênée par le face à face et les échanges de regards ? La jeune chatte ébène se refusa ces questionnements pour reporter son attention à la suite des paroles de sa voisine.

« Ton idée n'est pas stupide. Tu as très bien pensé. C'est effectivement très dangereux. Peu de chats accepteraient de suivre ton raisonnement, il faut que tu en sois consciente., continua-t-elle. C'est un acte totalement fou, mais il pourrait tous nous sauver. On ne peut pas vaincre un ennemi que nous n'avons jamais vu. Ta proposition est une des seules alternatives qui nous restent. »

La noire releva la tête en remuant les oreilles et une lumière d'espoir alluma la flamme qui sévissait dans son esprit, et qui s'était éteinte il y a d'ici aux premiers Hurlements. Envol des Corbeaux songea alors qu'Etoile de la Louve avait raison : toutes les idées devaient être réfléchies et, dans le meilleur des cas, essayées, car les clans étaient tous au bord du gouffre. La cadette observa un peu mieux son aînée et parvient à déceler chez cette dernière une légère agitation. Elle comprit alors son angoisse quand la beige et rousse poursuivit ce que l'on pouvait considérer comme un discours.

« Mais qu'en est-il des autres Clans ? Eux aussi sont en danger. Et je ne pense pas qu'ils accepteront de suivre l'idée d'un Clan rival. Et encore moins le nôtre. Tu connais notre réputation... soupirait-elle.  »

Envol des Corbeaux sursauta; elle avait depuis longtemps oublié les autres clans. Il fallait le dire: elle ne pouvait que plussoyer l'autre. Les félins claniques riverains, venteux ou du tonnerre les qualifiait comme des bêtes sans foi ni honneur. Pourtant, ils étaient tout autre ! Mais rien ne changerait les choses. La féline ébène inspira un bon coup avant de lui répondre :

« Les autres clans subissent aussi les Hurlements. Peut-être que, pour une fois, ils nous écouteront ? Nous avons là une solution contenant un espoir. Aussi bien le désarroi les fera nous écouter. »

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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Mar 30 Juin - 16:37

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A mes côtés, je sentis Envol des Corbeaux tressaillir à l'évocation des autres Clans. Ce fut comme si elle avait été ramenée à une réalité soudaine, à une réalité qui vous arrache de la torpeur dans laquelle vous étiez plongés depuis trop longtemps, vous ayant fait oublier que vous n’étiez pas le seul au Monde sur cette Terre. Que penserait la guerrière de mon raisonnement ? Parce que oui, il était vrai que certains de mes guerriers se ficheraient éperdument de sauver la peau des chats des autres Clans. Non pas qu'ils n'aient point de cœur, mais leur survie passerait avant les autres, et leurs préoccupations ne seraient surement pas celles de courir à droite et à gauche pour aller secourir des chats avec qui ils se feront irrévocablement la guerre, quelques lunes plus tard. C'était un raisonnement logique, que je ne pouvais que comprendre. Moi-même, j'avais été comme ça autrefois. Mais à présent, en temps que Meneuse, j'ai compris depuis longtemps que même si les Clans resteraient à jamais en quelques sortes ennemis, il existait des circonstances où l'alliance restait la dernière solution que nous pouvions attraper entre nos griffes.
Je sentis soudainement une bourrasque d'air frais venant me fouetter le visage, comme si le Clan des Etoiles tentait de me ramener sur Terre et de croire en l'espoir qui, malgré le fait qu'il semblait s'éteindre, était toujours présent au fond de chacun de nous. Je reportai mon attention sur Envol des Corbeaux qui commença alors à prendre une grande inspiration, comme si elle s'apprêtait à plonger à pic dans une rivière tumultueuse.

« Les autres clans subissent aussi les Hurlements. Peut-être que, pour une fois, ils nous écouteront ? Nous avons là une solution contenant un espoir. Aussi bien le désarroi les fera nous écouter. »

Oui, peut-être. Peut-être qu'elle avait raison au fond. Il était vrai et bien connu que la peur et la crainte changeait la perception de voir les choses, ainsi que la façon de penser. Mais à ce point ? Était-ce seulement possible ? Et comment pourrions-nous annoncer ça aux autres Clans ? Pendant une Assemblée ? Je voyais déjà la lune se couvrir sous cause des insultes injurieuses me criant que ce plan était de la folie pure. Et ils auraient raison. Je ne pourrai rien faire contre une horde de chats enragés et effrayés, pensant que cette idée est totalement dérisoire et farfelue. Ou alors, faudrait-il aller voir les Chefs du Tonnerre, du Vent et de la Rivière, un par un ? Franchir les frontières, les unes après les autres, en prenant le risque de se faire repousser avec méfiance et désagrément ? Je secouai la tête quant à mon idée, et soufflai, énervée. N'y aurait-il donc jamais moyen d'être certain que chacun nous écoutera ?

« Oui, peut-être que le désespoir les fera nous écouter. Nous pouvons toujours essayer. »

Cependant, quelque chose m'empêchait d'approuver et de valiser cette idée. Il y avait un recoin sombre au creux de cet acte qui ne me plaisait pas et me faisait frissonner d'avance. Je rabattis ma queue sur mes pattes, avant de lever la tête vers le ciel.

« Envol des Corbeaux... Ton idée est bien pensée, bien que très dangereuse et folle. Je serai prête à te suivre dans cet acte mais... Ce qui me bloque, c'est le nombre de chats que nous allons perdre. »

Et il n'y avait pas que ça. Parce que je savais que la chasseuse sombre était conscience des risques qu'occasionnaient une telle décision. Mais que se passerait-il en cas d'échec de notre plan ? A cet instant, je ne désirai plus qu'une chose ; remonter le temps pour revenir aux temps où ces Hurlements n'existaient pas encore, et que je n'étais qu'une petite chatonne insouciante de la vie, collée contre ma mère dans la Pouponnière. A cet âge, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Ni les Hurlements, ni la mort de ma mère, si la peur, ni l'effroi, ni la mort... Et encore moins le fait d'être Lieutenante, puis Chef de Clan.
Je clignai des yeux, aveuglée par le soleil, et abaissai à nouveau la tête. J'espérai qu'à ce moment-même, ma mère était fière de moi, malgré mon incapacité à faire quoi que ce soit pour nous sauver actuellement.

« Mais as-tu songé aux conséquences en cas d'échec ? Que l'on triomphe ou que l'on tombe, il y aura des pertes à n'en plus finir. Dans chacun des Clans. Nous serions alors terriblement affaiblis. Cette conséquence sera moins dramatique si nous arrivons à vaincre les Hurlements, mais en cas contraire... Je fis une légère pause pour reprendre mon souffle, avant de poursuivre. Nous serions définitivement fini. Les Clans seront si vulnérables qu'une rafale de vent pourrait les décimer. Si nous plongeons dans cette folie, il faudra prier de tout notre cœur pour que nous nous en sortions vainqueurs. Dans le cas contraire, il faudra accepter le fait que nous serons achevés. »

Je détournai la tête et ravalai la haine et la tristesse qui s'étaient emmêlées pour former une boule dans ma gorge. Je ne désirai plus que m'enfoncer la tête dans la terre et ne jamais en ressortir. Je ne me sentais pas assez forte pour assumer tant de responsabilités sur mes épaules, et pourtant je n'avais pas le choix. Je n'étais pas vraiment désespérée, ne ressentant pas les émotions comme la plupart des autres, mais il y avait tout de même cette gêne constante qui me faisait me rappeler que chaque seconde nous rapprochait un peu plus de la mort.
Au fond, nous avions tous déjà une patte dans la tombe.
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Mer 1 Juil - 13:05


Envol des Corbeaux attendait patiemment la réponse. Elle se tenait droite et jugeait, pour cette fois-ci, qu'il n'y avait point d'honte à ses paroles; elle affichait une posture fière et un large sourire, pour rendre celui que lui avait adressé Etoile de la Louve. Seulement, elle avait encore des doutes. Où et comment annoncer cela aux autres clans ? Dans une assemblée ? Il y avait une mince chance d'approbation, auquel cas les ombreux pouvaient espérer les hochements de tête et pouvaient ressentir la motivation des guerriers; mais bien plus grands étaient les risques des huées et des critiques. Et la féline ébène les comprendrait : envoyer une troupe de chats claniques, la nuit, s'exposer aux danger nocturnes, résister à la tristesse qui accable les cœurs quand elle subit des pertes. Pourtant, mise à part le fait de rendre visite à chacun des clans individuellement, il n'y avait pas d'autres solutions.
La guerrière ombreuse voguait ainsi dans ses pensées, tentant vainement de trouver l'échappatoire à leurs malheurs. Quels seraient les conséquences, si l'entretient se passait mal ? Personne ne pouvait le savoir. Etoile de la Louve se décida alors à lui répondre :

« Oui, peut-être que le désespoir les fera nous écouter. Nous pouvons toujours essayer. »

Était-ce une impression, ou bien Envol des Corbeaux décelait un certain malaise chez sa voisine ? Cette dernière secoua la tête et souffla, l'air contrarié. Elle était ainsi, plongée dans ses pensées, désireuse de trouver en confident son propre esprit, indifférente à la vie qui se déroulait tout autour d'elle. Elle rabattit alors sa queue sur ses pattes et leva soudainement sa tête vers le ciel.

« Envol des Corbeaux... Ton idée est bien pensée, bien que très dangereuse et folle. Je serai prête à te suivre dans cet acte mais... Ce qui me bloque, c'est le nombre de chats que nous allons perdre. , continua la beige et rousse.»

Le cœur de la féline ébène se serra; elle songea à tant de ses camarades qui pourraient périr bêtement, pour une mission qui pourrait -et encore serait-ce quasiment certain- échouer. Les pertes seraient immenses et les clans, affaiblis. Qu'adviendrait-il alors des survivants ? Ils se mourraient, abandonnés à leur sort, subissant incessamment les tourments de ces Hurlements, dérivant sur des flots aux vagues folles. Et encore une fois, elle fixa le ciel. Pour se raccrocher au soleil et ne pas tomber plus bas qu'elle ne l'était déjà, pour entrevoir enfin, au fin fond de ces ténèbres, une lueur pour éclairer le chemin des pauvres âmes claniques, égarées, effrayées, dénudées de leur espoir remplacé sans même se battre par la plus profonde agonie qu'il soit en cette Terre; le désespoir. Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre. Savoir si la vie, même en le clan des étoiles, finit enfin dans un gouffre de néant. Et par-dessus tout, comprendre pourquoi. Pourquoi étions-nous là, pourquoi pouvions-nous, à tout instant, devenir détenteur d'une étoile, à notre tour, dans les cieux, pourquoi l'on ne pouvait pas soigner les blessure qui étreignaient les cœurs. Celles qui apparaissaient quand il n'y a pas de bataille physique, mais une lutte en soi-même, quand le désarroi tordait nos membres et torturait nos esprits.  

« Mais as-tu songé aux conséquences en cas d'échec ? Que l'on triomphe ou que l'on tombe, il y aura des pertes à n'en plus finir. Dans chacun des Clans. Nous serions alors terriblement affaiblis. Cette conséquence sera moins dramatique si nous arrivons à vaincre les Hurlements, mais en cas contraire... »

Etoile de la Louve marque une légère pause, sans doute pour reprendre son souffle, et poursuivit d'un air dramatique -ou du moins fusse ce qu'Envol des Corbeaux en déduisit.

« Nous serions définitivement fini. Les Clans seront si vulnérables qu'une rafale de vent pourrait les décimer. Si nous plongeons dans cette folie, il faudra prier de tout notre cœur pour que nous nous en sortions vainqueurs. Dans le cas contraire, il faudra accepter le fait que nous serons achevés. »

Avouer une défaite. Corbeaux frissonna; même contre un ennemi qui se fichait plus ou moins éperdument d'eux, elle serait trop fière pour se rendre. Elle continuerait, encore et encore, à se jeter dans une guerre perdue d'avance. Et si venait le moment de perdre la vie, alors elle guetterait la mort, le menton relevé, ses prunelles ardentes reflétant encore toute la haine qu'elle porterait à l'adversaire. La guerrière ébène se releva, ses membres engourdis par ce repos, et marcha aux côtés de son aînée, effectuant de courts aller-retour. Le vent commençait à se lever et foutait violemment son pelage noire. L'air était progressivement devenu froid et au loin, déjà, d'énormes nuages sombres et imposants s'affichaient, barrant d'un trait lugubre l'horizon. La tempête approchait et Envol des Corbeaux commençait à se demander si ce n'était pas un signe du Clan des Etoiles. Elle se retourna vers la meneuse beige et blanche, puis lui répondit en une parole ferme et qui pourtant, s'insinuait dans l'espace comme un murmure bien trop doucereux.

« Le Clan des Etoiles envoi-t-il les éléments pour signifier son désaccord ?  Cela fait bien longtemps que, dans mon sommeil, je n'ai plus rêvé d'Effluve Printanière. Je ne la voyais pas comme une féline étoilée, mais plutôt dans un décor qui aurait remonté le temps. Même si elle ne parlait pas, même si elle semblait irréel, dès que mon regard croisait le sien, je savais que tout irait bien, et je me réveillais rassérénée. Maintenant que je ne l'ai plus aperçu depuis près de trois lunes, je me sens abandonnée, et je commence à croire que nos aïeules ne peuvent -ou ne veulent- plus rien faire pour nous.  »

Elle soupira longuement d'un air las, et la pluie se mit alors à tomber en fines gouttelettes pures comme la rosée. Mais elle le savait; ce n'était que les prémices d'une tempête déchaînée, en laquelle les cieux déchaîneront leur colère, puissante et désarmante. La cadette reprit :

« Je songe parfois que, peut-être, il attend le bon moment pour nous venir en aide. Toujours est-il que les morts -supposons que les victimes meurent - que l'on perdra si l'on se lance dans cette quête désespéré ne reviendront pas. Rien ne peut remplacer ce que, à certains la vie a donné, et à d'autres, la mort a offert. C'est un fait, et depuis la nuit des temps, nul n'a jamais pu le désapprouver.  »
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Jeu 16 Juil - 12:35

N'up ? Saute !
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Mar 28 Juil - 22:03

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[11:40:03] @ Oeil de Glace : Chouette, sa va j'ai juste froid aux pied
[11:40:40]Etoile Sauvage :
[11:41:46]@ Oeil de Glace : J'ai faim aussi.
[11:43:17]Etoile Sauvage : Va manger ? D8.
[11:43:34] @ Oeil de Glace : Non je dois attendre ma cousine x).
[11:44:05]@ Oeil de Glace : Ma vie se limite à avoir froid aux pieds et attendre pour manger.

Merci à Eye in the drak sur Flying Pumpkin ;)
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Lun 31 Aoû - 20:42

Upinouchou ? ><
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve Mar 8 Sep - 18:44

Upichounou ? :D
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MessageSujet: Re: Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve

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Il y a la vie pour savoir et l'éternité pour comprendre | Feat Etoile de la Louve
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