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Les Hessonites

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Corbeau


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MessageSujet: Les Hessonites Mer 1 Juil - 2:11



« Les heures effleurèrent d'un vol étranger cette extase où se mêlaient,
pour la première fois, la terre et le ciel. »


Nous sommes en 2312. Je n’ai pas connu la 3ème Guerre Mondiale, mais mes arrières grands-parents, eux, si. Cette Guerre a éradiqué la moitié de la population mondiale et nous sommes retombés à environ seulement 3 milliards d’humains sur Terre. De plus, les scientifiques ont créé un virus censé détruire les cellules humaines en 48h. Cependant, pour une raison inconnue, la moitié de la population était immunisée contre cette maladie. Suite à ce virus, certains d’entre nous ont développé la capacité de se transformer partiellement ou totalement en loup. Ils ont également la capacité de voir les auras des gens. Mes arrières grands-parents ont eu cet honneur. Le gène a malgré tout exceptionnellement sauté 1 génération pour une raison inconnue, et mes grands-parents paternels, ceux possédant le gène, étant décédés, je suis désormais la seule de ma famille possédant ce don.

Le Gouvernement a appris l’existence de notre espèce, et a monté une sorte d’élite pour nous éliminer. Des espions sont envoyés aux quatre coins du Monde pour nous repérer et nous détruire. Nous devons être prudents, ils peuvent être parmi nous à chaque instant ; dans un café, dans un magasin, même dans votre propre entreprise ou établissement scolaire. Ils se font passer pour des humains insouciants de la Guerre qui se trame entre nous et le Gouvernement, mais sont en réalité des monstres sans cœurs. Le Chef de cette élite se fait appeler Le Mécène, mais personne à part ses hommes, n’a jamais vu son visage. Nous ignorons tout de lui, y compris son identité. Une Légende raconte qu'il n'aurait pas d'aura et qu'il serait immortel, ce qui expliquerait pourquoi nous entendons toujours parler de lui autant d'années après le début de la création de son Elite. Cependant, peut-être que le Mécène devient une personne différente à la mort de son prédécesseur. Nous n'en savons rien.

Je m’appelle Victoria, j'ai 18 ans et suis en dernière année de BAC S. Je suis de ceux qui se font appeler les Hessonites.
Et mon but est commun à tous les autres de mon espèce : découvrir qui est le Mécène et lui ôter la vie.

-------------------------------------

PROLOGUE:
 
CHAPITRE 1 :
 


Dernière édition par Étoile de la Louve le Jeu 2 Juil - 1:11, édité 3 fois
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Corbeau


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MessageSujet: Re: Les Hessonites Mer 1 Juil - 2:12

LES AURAS

Humains et Hessonites, nous possédons tous une aura. C'est une sorte d'enveloppe entourant notre corps dont la couleur change en fonction de notre état d'esprit et de santé. Cependant, seuls les Hessonites ont le pouvoir de les apercevoir.
Voici les différentes couleurs des auras et leurs significations :

Rouge : Énergie - force - colère - sexualité - passion - peur - ego.
Orange : Maîtrise de soi - ambition - courage - prévenance - manque de volonté - apathie.
Jaune : Optimisme - joie - intellectualisme - convivialité - indécision - faiblesse de caractère.
Vert : Calme - apaisement - compassion - tromperie - jalousie.
Violet : Esprit - sagesse - intuition.
Indigo : Bienveillance - grande intuition - curiosité.
Rose : Amour - sincérité - amitié.
Gris : Déprime - tristesse - fatigue - baisse d'énergie - scepticisme.
Marron : Avidité - nombrilisme - dogmatisme.
Noir : Absence d'énergie , maladie - mort imminente.
Blanc : Équilibre parfait.
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Corbeau


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MessageSujet: Re: Les Hessonites Mer 1 Juil - 2:13

PROLOGUE : L'immaculée conception


Une jeune femme courrait dans les bois, sa robe noire virevoltant dans les bourrasques violentes du vent qui lui fouettait le visage. Ses larmes noyaient ses joues et coulaient jusqu’à son menton, tandis que ses yeux cherchaient en vain un endroit pour se cacher. Derrière elle, les flammes dansaient et dévoraient les arbres les uns après les autres, sans aucune pitié. Elle entendait les explosions qui résonnaient un peu partout et dont les détonations résonnaient de tous côtés. Les avions de l’armée larguaient des grenades qui s’abattaient sur les habitations et sur les végétations alentours. La panique s’insinuait dans le cœur de celle qui cherchait à fuir le chaos qui naissait dans son dos. La nuit qui était tombée réduisait son champ de visibilité et elle devait plisser les yeux pour voir où elle mettait les pieds. Elle se sentit soudainement buter contre quelque chose et roula le long d’une pente avant d’atterrir contre le tronc d’un arbre qui était tombé au sol. Elle sentit un bout d’écorce s’enfoncer dans la peau de son dos et la chaleur du sang qui se mis à couler réveilla un grondement dans sa gorge. Ses yeux se mirent à luire d’une couleur orangée surnaturelle. Les sens en alerte, elle se redressa et, sous l’effet de la colère que lui avait provoqué la souffrance, donna un énorme coup sur le tronc qui l’avait blessé. Quatre traces de griffes apparurent et elle sursauta en se rendant compte qu’elle n’avait pas senti ses ongles s’allonger pour devenir aiguisés. Elle tenta de se calmer en inspirant profondément et lentement, sans succès. Ses prunelles restaient oranges, ses griffes présentes et ses crocs étaient maintenant visibles sous ses lèvres. La jeune femme fit volte-face et repris sa course effrénée, sans vraiment savoir où elle allait. Sa force étant décuplée par sa transformation partielle, les muscles de ses jambes lui permettaient de courir beaucoup plus vite et le paysage défilait devant elle à une vitesse fulgurante. Elle voyait chaque animal fuir le danger, entendait chaque brindille craquer sous ses pieds, sentait chaque odeur de sang et de fumée. Une poigne lui attrapa soudainement le bras, l’arrêtant brusquement dans sa fuite désespérée. Elle fit presque un vol plané en arrière et se retrouva la tête plaquée contre le torse de celui qui l’avait arrêté. Elle le reconnut tout de suite à son odeur et émit un grognement de contentement avant de réguler sa respiration. L’homme passa une main dans les cheveux blonds de la jeune femme et lui caressait doucement le dos.

« Calme-toi Nathalie, contrôle ta transformation. Redeviens humaine, ou ils nous trouveront encore plus facilement.
- Aaron… »


La prénommée Nathalie inspira et expira à plusieurs reprises avant de fermer les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, ils avaient repris leur belle couleur bleue naturelle, ses canines étaient redevenues normales et ses griffes avaient disparu. Elle resta encore un instant blottie contre son compagnon, avant de reculer, une lueur d’effroi dans le regard.

« Il faut fuir Aaron. La Guerre fait rage ici, et même si nous sommes plus résistants grâce au don que le virus nous a donné, les espions du Mécène sont surement en train de nous chercher à l’heure qu’il est. »

L’homme hocha la tête et agrippa la main de sa bien-aimée avant de la guider sur un sentier brisé et calciné qu’il avait l’air de bien connaître. L’odeur du feu et de la cendre attaquait les poumons de Nathalie qui se mettait à tousser à fréquence régulière, faisant se retourner Aaron pour vérifier si elle allait bien. Alors que le couple allait bifurquer sur à droite, deux hommes habillés de noir, armes à feu à la main, les pointaient de leurs fusils, l’air menaçant. Aaron lâcha un grognement et sortis les griffes alors que ses yeux viraient au violet. Il se plaça devant sa camarade, en posture de défense, prêt à attaquer en cas de besoin. Lorsqu’un des espions tenta d’appuyer sur la gâchette de son arme, le loup était déjà sur lui, le plaquant au sol de ses mains griffues à la force surhumaine. Nathalie, elle, avait ôté ses vêtements et s’était entièrement transformée sous le coup de la panique. Elle apparaissait désormais sous une magnifique louve blanche aux yeux orangés. Son pelage était hérissé et elle ne savait pas quoi faire devant leur deuxième ennemi qui avait braqué sur elle, l’embout de son arme. La balle fusa et atterrit juste entre ses pattes de devant, envoyant de la poussière dans le museau et les prunelles de la canidée. Elle couina sous la surprise et tenta de fuir, mais fut immobilisée par une douleur irradiante dans la patte arrière gauche. Comprenant qu’elle avait été touchée, elle glapit pour alerter son compagnon avant de s’écrouler au sol et de reprendre sa forme humaine. L’espion s’approcha de la femme nue à la jambe ensanglantée, qui se terrait au sol, les bras croisés sur sa poitrine, tremblante de peur.

« S’il vous plait… murmura-t-elle en sentant les larmes lui monter aux yeux.
- Tes supplications ne me touchent guère, chère Hessonite, répliqua l’espion qui s’avançait toujours vers elle à pas lent, l’air menaçant, une lueur cruelle sur les traits de son visage. »

Aaron combattait toujours l’autre rival et semblait avoir plus de succès que Nathalie. Il avait définitivement mis à terre l’espion, l’avait débarrassé de son arme et lui plantait ses griffes dans le dos. La victime hurlait de douleur et conjurait son complice de lui venir en aide. Cependant, ce dernier n’en avait que faire du supplice de son camarade, et avait l’air de vouloir mettre fin à la vie de Nathalie. Aaron se retourna vivement, toujours sous sa forme partielle d’Hessonite, et tendit la main, toutes griffes dehors, vers sa compagne.

« Ne lui faites pas de mal, je vous en prie !
- Tu crois vraiment que je vais t’écouter alors que tu viens de déchiqueter un des miens ?
grinça l’homme en noir en jetant un rapide coup d’œil à l’autre espion qui était immobile au sol et qui ne semblait plus respirer. »

Aaron n’avait pas l’air d’avoir conscience de l’avoir tué, et pris un air choqué avant de reculer et de se redresser. Il s’apprêta à venir en aide à Nathalie, mais le bruit d’une balle sortant de son arme, le figea sur place. L’espion tourna ensuite les talons et disparut derrière un buisson de végétations, emportant avec lui l’âme qu’il venait d’arracher à celle qu’il aimait.

« Non… murmura le loup en reprenant sa forme humaine et en s’approchant, tremblant, de Nathalie. »

Cette dernière était allongée sur le côté et se tenait le sein gauche en suffoquant, tandis que du sang jaillissait entre ses doigts. Aaron se laissa tomber à genoux et posa une main tremblante sur la joue de sa camarade.

« Nathalie… Qu’est-ce qu’il t’a fait, ma chérie… ? »

La mourante tenta de se mettre sur le dos en gémissant, ce qu’elle parvint à faire avec l’aide de son petit-ami. Aaron remarqua alors que le ventre de Nathalie était rond, ce qui l’intrigua profondément. Les yeux de la jeune femme reflétaient la douleur et l’angoisse, mais aussi une flamme d’espoir.

« Aaron… Il faut que tu m’ouvres le ventre…
- Quoi ?! »


Choqué, l’homme eut un mouvement de recul et cligna des yeux, comme s’il avait rêvé.

« Aaron, je suis enceinte !
- Enceinte ?! Mais… Pourquoi je ne l’ai jamais vu ? Et pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? »


- Je… Je ne voulais pas t’inquiéter avec tout ce chaos et cette 3ème Guerre Mondiale… J’ai choisi de te cacher ma grossesse en mettant des vêtements plus épais. J’en suis au 6ème mois et demi… Notre enfant peut encore survivre, même s’il sera très prématuré. Il faut que tu le sauves, fais-moi une césarienne avec tes griffes, je t’en prie ! Je vais mourir Aaron… »

Le futur père avait la bouche entrouverte tant la surprise et le choc avait été violent. Il sentait les larmes lui piquer les yeux, mais il ne devait pas laisser sa compagne sentir sa peur et son appréhension. Il souffla un bon coup et sortit ses griffes d’un mouvement sec. Etant chirurgien, il savait parfaitement où inciser pour ouvrir sans blesser le bébé. Mais cela voudrait dire qu’il tuerait sa femme de ses propres mains, même si cette dernière était à l’agonie.

« Je ne peux pas faire ça…
- Tu es obligé de le faire. C’est ma dernière volonté, s’il te plait, accepte-là… »


Aaron secoua la tête tout en sachant pertinemment qu’il n’avait pas le choix. Il devait le faire s’il voulait encore avoir une trace de sa descendance. Il prit la main de sa femme et avec son autre main de libre, effleura la peau tendue du ventre de la mourante du bout de ses griffes. Il plongea ses yeux bruns dans ceux bleus de celle qui était toute sa vie, et serra les lèvres. Puis, il incisa. Les cris de sa compagne lui déchirèrent autant les tympans que le cœur, mais il se força à poursuivre son horrible tache. Ses mains se teintèrent de rouge et il sentit les tendons, ainsi que toute la chair, se déchirer sous ses griffes. Il sentit soudainement une petite main entre ses doigts, et son cœur manqua un battement. Il plongea sa deuxième poigne dans le ventre de Nathalie et passa ses doigts derrière le dos du bébé. Il dut forcer pendant plusieurs minutes pour parvenir à ouvrir assez la peau et extirper le nouveau-né. Il enleva son tee-shirt et posa son bébé dessus en prenant soin de l’envelopper pour le protéger des alentours dangereux et mortels. Il coupa le cordon ombilical d’un coup de griffe et se mis à observer silencieusement le petit bout qui ne bougeait pas. Il appuya doucement sur sa poitrine et exerça quelques petites pressions.

« Respire. Respire. »

Aucune réaction. Aaron commençait à sentir le désespoir lui broyer les tripes, lorsque le bébé poussa son premier cri. Malgré sa petite taille et son visage tout frêle, il était en vie.

« Merci mon Dieu… souffla le jeune homme en se penchant pour embrasser son fils –car c’était un garçon- sur le front. Nathalie ? Nathalie ? Comment veux-tu l’appeler ?
- Je… Je ne sais pas…
haletai l’interpellée sous la douleur et la mort qui l’enveloppait un peu plus chaque seconde.
- Que dirais-tu de Chris ? lui proposa son compagnon en caressant doucement le nouveau-né.
- C’est… parfait… »

Aaron abandonna un instant la petite créature qu’il avait ôté du ventre de sa bien-aimée pour venir se pencher sur cette dernière. Son visage avait la pâleur de la neige la plus pure, et elle semblait sur le point de mourir. Le jeune loup déposa un baiser sur les lèvres déjà froides de sa Hessonite, avant de reculer.

« Je t’aime. »

Il ne reçut aucune réponse. Et il n’en recevrait plus jamais. Il ravala la boule qui lui bloquait la gorge, et retourna vers son bébé qu’il prit dans ses bras. Le petit poussa un petit cri qui attendrit le jeune homme. Le nouveau-né leva ensuite son petit bras droit et ouvrit les yeux pour la première fois. Le souffle d’Aaron se coupa. Ses yeux n’étaient pas bleus océans comme tous les nouveau-nés. Non, ils étaient oranges brillants. Exactement comme ceux de sa mère.

"C'est ainsi que mon grand-père vu le jour." - Victoria.
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MessageSujet: Re: Les Hessonites Mer 1 Juil - 8:40

C'est génial !
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MessageSujet: Re: Les Hessonites Mer 1 Juil - 10:51

Omg, c'est magnifique Paillasson ! Quand tu l'auras finis, édite le ! *^*
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MessageSujet: Re: Les Hessonites Jeu 2 Juil - 1:10

Merci, vous êtes gentils. ♥
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CHAPITRE I : Il faut qu’on parle

Je n’en ai jamais parlé à personne. Que ce soit à mes parents ou à mes amis. J’ai respecté la volonté de mon grand-père qui, lui aussi, était toujours resté silencieux sur le don qu’il possédait. Il n’avait jamais révélé sa véritable identité à sa femme, ma grand-mère, et à sa fille, ma mère. Il tenait plus que tout à ce que l’existence des Hessonites reste secrète, et j’ai donc accompli ce qu’il souhaitait. Mon grand-père désormais décédé, j’étais la seule Hessonite que je connaisse et avouai parfois me sentir seule et perdue. La seule à qui je n’avais pas pu cacher ma véritable identité fut ma petite sœur de 10 ans, Olivia. Cependant, elle m’a toujours promis de garder le silence, et je sais que cela peut paraître fou de faire confiance à une gamine âgée d’une dizaine d’années, mais je la croyais. Je savais pertinemment qu’elle était capable de garder ses lèvres closes et de n’avouer à personne ce qui animait mon corps. C’était donc avec elle que je passais la plupart de mon temps libre, et toutes les deux, avions un passe-temps bien particulier.

Je sentais des petits pieds me frapper doucement les côtes, ce qui m’amusa plus que cela ne me fit souffrir. Je courrai à perte d’haleine, mes pattes fouettant les herbes qui volaient sur mon passage. Mes yeux orangés pétillaient d’une lueur joyeuse et je me sentais plus vivante que jamais. Deux mains m’agrippaient le cou mais n’entravaient en rien mes mouvements. Je sentais le vent venir caresser ma fourrure, ce qui me donnait presque l’impression de voler.

« Allez plus vite ! »

Comme on me le demanda, je puisai dans mes réserves et accélérai encore l’allure, ce qui arracha un rire cristallin à ma cavalière. Je sautai par-dessus une petite crevasse et je sentis la poigne autour de ma nuque se resserrer légèrement, surement sur le coup de la frayeur que j’avais occasionné à la petite forme de vie qui se tenait sur mon dos. Oui, vous l’aurez surement compris, il s’agissait de moi sous ma forme totale de louve, et de ma sœur qui me chevauchait à sa plus grande joie. C’était ça, notre jeu favori. Notre jeu secret que nous exercions à l’abri des regards dans le bois qui grandissait à quelques mètres seulement de notre maison.

Je ralentis soudainement la cadence, pour faire comprendre à Olivia que je n’en pouvais plus, et m’arrêtai devant une flaque d’eau. Je sentis le poids quitter mon dos et je m’autorisai alors à me laisser tomber sur le côté, les yeux pétillants. Je me relevai ensuite et lapai l’eau fraiche de la flaque pour atténuer ma soif. Ma sœur voulut m’imiter en se mettant à quatre patte, mais je la poussai d’un coup de patte pour lui faire comprendre qu’en tant qu’humaine, elle risquait de tomber malade. Parce que oui, Olivia n’était pas une Hessonite, bien qu’elle et moi descendions de la même lignée. Déjà que le gène avait sauté inexplicablement une génération, n’offrant pas à ma mère l’opportunité d’avoir ce don, ma sœur ne l’avait pas reçu non plus. J’ignorai toujours pourquoi j’étais la privilégiée, celle qui avait eu l’honneur de tout avoir. Mon grand-père me disait que c’était peut-être un signe et que j’étais destinée à trouver le Mécène, mais je n’y croyais pas. En plus de 3 siècles, personne n’était jamais parvenu à remonter jusqu’à lui. Tous avaient été assassinés de façon cruelle et horrible, par les espions. Et la question restait la même pour tous ceux de mon espèce : qui était le Mécène ? Etait-il immortel comme certains le disaient ? Etait-il vrai qu’il ne possédait pas d’aura ? Ou était-il simplement humain avec des successeurs prenant sa place à sa mort, comme un cycle infini ? Tant de questions pour si peu de réponses. Et cela me rendait malade.

Je roulais sur le dos et ma sœur en profita pour se jeter sur moi pendant que je repliai mes pattes sur elle.

« Dis Vic’, pourquoi t’as le gène des Hessanates et pas moi ? me questionna Olivia avec sa mine boudeuse qui pourrait faire craquer le plus ténébreux des cœurs de pierre. »

Je soupirai et l’ôtai de mon ventre avant de m’ébrouer et à m’assoir devant elle en poussant du museau le petit sac à dos qu’elle avait porté sur ses épaules et qui était à présent à ses pieds. A l’intérieur étaient mes vêtements, et je lui fis comprendre que je souhaitai reprendre ma forme humaine.

« Oh, déjà ? »

Je poussai un grognement d’impatience et Olivia se mis à genoux en maugréant et ouvrit le sac pour me donner mes sous-vêtements, suivis d’un short et d’un tee-shirt. Je les attrapai entre mes crocs et allai me réfugier derrière un buisson où je puis redevenir humaine sans être vue. Je frissonnai lorsque ma peau nue frôla les broussailles et m’empressai de me revêtir. J’avais beau faire cela depuis longtemps déjà, je ne m’étais toujours pas habitué au choc thermique qui s’effectuait lorsque je me transformais. Ma fourrure me tenait chaud et ma température corporelle augmentait de 2 à 4 degrés sous ma transformation totale. Il avait beau faire un joli petit 21° en cette saison printanière, je me surpris à avoir la chair de poule. Je me frottai les bras, et une fois totalement rhabillée, redevins visible aux yeux de ma sœur. Cette dernière se précipita dans mes bras et je ne pus m’empêcher de la soulever pour que ses yeux soient à la hauteur des miens.

« Je les préfère quand ils sont oranges brillants, tes yeux, fit remarquer Olivia en pointant mes prunelles de son index. Mais je les aime bien quand ils sont gris-verts quand même ! »

Je lâchai un petit rire et la reposai au sol en remettant ma chevelure brune en place.

« Moi, je les aime des deux couleurs.
- Tu crois que si j’avais le don, ils seraient oranges, comme les tiens ?
- Je ne sais pas. Ils pourraient très bien être oranges, comme dorés, violets, verts, bleus, argentés… Les possibilités sont infinies. »


Je vis Olivia s’observer le bras un instant avant qu’elle ne finisse par me le tendre. Je ne compris pas sur le coup, jusqu’à ce qu’elle me fasse cette demande :

« Dis, tu veux pas me mordre pour me faire devenir une… une… Hassénite ?
- Une Hessonite, Olivia. Après toutes ces années, tu n’arrives toujours pas à prononcer le nom de mon espèce correctement ? Et non, je ne peux pas te mordre. Ça ne ferait rien de toute façon, ça ne fonctionne pas du tout comme dans tous les bouquins ou séries sur les loups-garous. Je peux mordre ou griffer une personne, ça ne la transformera pas en bête bizarre. Surtout que je ne suis même pas un loup-garou.
- Bah, c’est pareil
, insista Olivia en levant les yeux au ciel. »

Je m’approchai brusquement de son visage et lui montrai les crocs, ce qui la fit reculer sous le coup de la surprise.

« Ne refais jamais ça !
- Arrête de dire que je suis un loup-garou alors.
- D’accord Vic’, mais arrête de faire ton grand méchant loup qui va dévorer le petit chaperon rouge, je ne veux pas être mangée ! »


Ma sœur était effectivement souvent habillée en rouge, comme aujourd’hui, et faisait pratiquement tout le temps cette allusion à ce conte pour enfant, qui m’amusait plus qu’autre chose. Je secouai la tête et lui ébouriffai les cheveux, avant de prendre le sac qui contenait mes vêtements et de lui remettre sur le dos.

« Il faut y aller maintenant, on a promis à Papa et Maman de rentrer pour l’heure du déjeuner.
- Je veux continuer à jouer avec toi !
- On ne peut pas Olivia. Et n’essaye pas de me faire croire que tu n’as pas faim, j’entends ton estomac protester. »


Ma petite sœur m’attrapa la main en glissant ses doigts entre les miens, et resta silencieuse pendant quelques instants. Cependant, je savais que cela ne durerait pas. Et pour cause ; c’était un véritable moulin à paroles.

« Dis Victoria ?
- Oui ?
- Tu comptes le dire un jour à Papa et à Maman ?
- De ?
- De ton don. »


Je pinçai les lèvres et retins le gémissement qui enflait dans ma gorge. Je cachais depuis toujours ce que j’étais vraiment à mes parents, et j’en souffrais chaque jour. Surtout que je m’énerve assez facilement, et sous le coup de la colère, mes yeux peuvent se mettre à luire. Mon grand-père m’a tout de suite tout appris dès que j’étais apte à comprendre ce qu’il disait, et il m’a permis de ne jamais me faire démasquer lorsque je n’étais encore qu’haute comme trois pommes. Mais maintenant qu’il n’était plus là…

« Je ne sais pas. Je n’ai pas envie de les impliquer dans une Guerre entre moi et les espions du Mécène. Et même le Mécène lui-même.
- Tu m’as bien appliquée, moi.
- Et parfois, je le regrette… »


En effet, en ayant parlé de tout cela à ma sœur, je l’avais mise en quelques sortes en danger. Et il m’arrivait de vouloir retourner en arrière et de ne jamais lui dire ce qu’étaient les Hessonites. Je me devais de la protéger à présent, elle était sous ma protection. Je sentis alors la main d’Olivia se mettre à trembler faiblement, et je remarquai que son aura avait viré au rouge, ce qui m’indiquait qu’elle avait peur.

« Je ne laisserai jamais personne te faire de mal, Olivia.
- Je sais.
- Alors pourquoi as-tu peur ?
- Je n’ai pas peur pour moi, j’ai peur pour toi. »


Je soupirai et m’arrêtai pour m’agenouiller et poser mes mains sur les épaules de ma cadette.

« Il ne faut pas que tu t’inquiètes pour moi, trésor. J’ai des crocs et des griffes, toi, tu n’as que ta force humaine pour te défendre, et tu n’as que 10 ans. Préoccupe-toi d’avantage de ta propre sécurité plutôt que de la mienne. Je sais me défendre, achevai-je en faisant briller mes yeux de la teinte orangée que ma sœur appréciait tant. »

La petite hocha doucement la tête et son aura redevint peu à peu verte claire. Je lui repris la main et, aussi étonnamment que cela puisse paraître, aucune de nous ne parla pendant plusieurs minutes. Seuls le bruit des brindilles craquants sous nos pieds et le chant des oiseaux, brisaient le silence que la nature nous offrait.
Alors que nous allions atteindre l’orée du bois, une odeur me parvint et me figea net. Je passai instinctivement un de mes bras devant Olivia et scrutai les environs.

« Attends, je sens une odeur.
- Une odeur de… ?
- D’une personne. »


Je passai plusieurs longues minutes ainsi, aux aguets, mais ne parvins à ne rien apercevoir. J’allai me remettre en route, mais je remarquai alors la présence d’une silhouette, dissimulée derrière le premier arbre du bois. L’ombre nous observait, silencieuse, les bras croisés sur son torse. Le jeune homme semblait avoir mon âge et son visage reflétait une sérénité parfaite. Je remarquai alors que son aura était très proche du blanc. Comment était-ce possible d’être en si parfaite harmonie de la sorte ?

« Qui es-tu ? lançai-je, méfiante. »

Aucune réponse. Il se contenta de plisser les yeux et de déguerpir. Je sursautai cependant, quelque chose m’ayant frappé. S’agissait-il d’un simple reflet du soleil ou… ses yeux brillaient ? Je secouai la tête et revins à la réalité, perturbée.

« Qui c’était, Victoria ?
- Je n’en sais rien, mais ne restons pas là. »


J’accélérai le pas sur le reste du chemin qui me séparait de la maison, ma sœur sur mes talons. J’entendais son rythme cardiaque s’emballer sous le coup du stress et ne tenait pas à ce qu’elle panique totalement avant que nous arrivions à la maison. Une fois devant la porte de notre chez-nous, j’ôtai mes chaussures pleines de terre et intimai à ma sœur de faire de même.

« Enlève-les si tu ne veux pas te faire arracher les yeux par Maman. Tu sais bien que le Dimanche est le jour du ménage.
- Ouais, ouais… »


Olivia était comme moi ; elle détestait le Dimanche pour la simple raison que notre mère était intenable lorsqu’elle décidait de faire le ménage. Une simple poussière tombant d’un meuble et venant se déposer sur son carrelage fraichement nettoyé, la poussait presque à la crise d’hystérie. Nous déposâmes nos chaussures sur le tapis de l’entrée, et entrâmes ensuite dans la maison en essayant de faire le moins de bruit possible. L’odeur de l’eau de javel et des produits nettoyants m’attaquant violemment la gorge et le nez, ce qui m’arracha une quinte de toux. Voilà l’un des inconvénients à être une Hessonite : vos sens sont énormément plus développés que la normale, et lorsqu’il s’agit de sentir des odeurs fortes, vous préféreriez que votre odorat ne fonctionne pas.

« Elle a encore mis la dose à ce que je vois, me plaignis-je, de mauvaise humeur.
- A ce que tu sens, plutôt.
- Très drôle Olivia. »


Ma sœur déposa son sac dans le couloir de l’entrée et se précipita dans la cuisine pour avoir à manger. Je peinais à sentir l’odeur de la nourriture qui était en train de cuire, tant les produits ménagers étaient présents dans la maison. Je grimaçai et suivis ma sœur beaucoup plus lentement, l’estomac quelque peu retourné. Pourtant, lorsque je vis la viande qui grésillait dans la poêle et les légumes qui se baignaient dans l’eau bouillante de la casserole, l’eau me vint à la bouche. J’allai me diriger vers l’évier pour me laver, mais un raclement de gorge m’interrompit. Je me retournai et remarquai alors que ma mère se tenait dans l’encadrement de la porte, suivie de mon père qui affichait un air tout aussi sévère. Olivia alla se réfugier à sa place pour ne pas avoir d’ennuis, tandis que je restai immobile devant eux, sans comprendre. Qu’est-ce que j’avais encore fait ?

« Il faut qu’on parle.
- Oh, génial. »
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MessageSujet: Re: Les Hessonites Jeu 2 Juil - 17:04

Le premier chapitre est génial ! Olivia est toute chou. La fin est sadiiiique, on ne sait pas ce qui va se passer :c Est-ce que ses parents auraient découvert qu'elle était une Héssonite ? .w. Bref, hâte du deuxième chapitre
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MessageSujet: Re: Les Hessonites Ven 4 Déc - 19:03

C'est géniale ! ( désoler de répondre aussi tard )
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MessageSujet: Re: Les Hessonites

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